BIPOLAIRES 64/40

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Pourquoi et comment le stress fait grossir

Des chercheurs démontrent que le stress est facteur d'obésité et trouvent les moyens de bloquer ses effets sur le poids.

 

NOUS SAVIONS déjà que les populations occidentales grossissent, parce qu'elles ne bougent presque plus et mangent des aliments trop caloriques. Aujourd'hui, des chercheurs américains et australiens qui ont publié leurs résultats sur le site Internet de la revue Nature Medicine viennent d'ajouter un nouvel élément à ce puzzle : le stress, qui serait un facteur non négligeable de prise de poids. Ils ont de plus identifié expérimentalement un peptide produit entre autres par l'hypothalamus, dont le taux augmente en cas de stress et qui stimulerait alors la masse grasse, notamment abdominale.

 

Ces travaux ont été menés sur la souris, car, pour des raisons éthiques, il est difficile de soumettre des humains pour des raisons expérimentales à un stress violent. " Cette découverte est très intéressante, soutient le professeur Arnaud Basdevant (hôpital Hôtel-Dieu, Paris). Nous tenons ici la démonstration de ce que nous observons de manière intuitive chez nos patients, c'est-à-dire qu'une prise de poids peut être due au stress, même en l'absence d'apport calorique supplémentaire. "

Herbert Herzog (Garvan Institute Medical Research, Sydney, Australie) et Zofia Zukowska (Université Georgetown, Washington, USA) se sont d'abord intéressés aux poids de souris soumises à des situations stressantes (congénère très agressive, exposition au froid....) et de souris non stressées, lors d'une alimentation normale puis riche en calories.

 

Retombées thérapeutiques

Les souris stressées sans apport calorique excessif n'ont pas grossi, mais, en cas de régime hypercalorique, elles ont pris deux fois plus de poids que leurs consoeurs non stressées ayant eu la même alimentation. Le stress provoquerait donc un stockage accru des graisses.

 

Pour comprendre le mécanisme, ces mêmes chercheurs se sont penchés sur le peptide Y2 produit par l'hypothalamus en cas de stress. Ils ont donc décidé de bloquer les récepteurs du peptide Y2 dans le tissu graisseux d'un certain nombre de souris stressées. " Nous avons pu montrer que chez ces souris stressées bénéficiant du blocage du peptide Y2, un régime riche en calories ne provoquait pas d'obésité. Plus intéressant même, nous avons pu voir chez ces mêmes souris une réduction des complications métaboliques, comme l'intolérance au glucose ", expliquent les auteurs.

 

Le peptide Y2 agirait sur la masse grasse en faisant proliférer les cellules du tissu adipeux et les cellules endothéliales de la paroi des vaisseaux.

 

Ces travaux confirment le rôle du stress sur la prise de poids, à prise alimentaire équivalente. Ils démontent les mécanismes de cette prise de poids et mettent même en évidence des moyens de s'y opposer. Pour l'instant, ces données ne portent que sur la souris, mais des résultats préliminaires sur le singe iraient dans le même sens.

 

Quelles retombées thérapeutiques possibles ? D'abord, peut-être apprendre à lutter contre le stress, aujourd'hui facteur probable d'obésité. Ensuite, il est possible d'envisager la mise au point de médicaments contre l'obésité qui n'agiraient pas sur le cerveau, mais sur le tissu adipeux et plus particulièrement qui bloqueraient les récepteurs au peptide Y2.

 

À l'inverse, on pourrait imaginer, comme l'explique le chirurgien plasticien Stephan Baxter, augmenter la concentration en peptide dans certaines zones du corps - au lieu de la bloquer - en chirurgie esthétique et reconstructive, pour augmenter le volume des joues, des fesses, des lèvres... On n'en est pas encore là.

 

Tiré du site LE FIGARO, édition du 03.07.07



31/03/2008
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