BIPOLAIRES 64/40

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les bienfaits de la pratique d'une activité sportive régulière.

Il est possible de réduire le risque de diabète, d'hypertension, d'obésité, de dépression… par la pratique d'une activité sportive régulière.

Pourquoi les médecins ne prennent pas plus de temps pour expliquer à leurs patients le rôle bénéfique de l'exercice physique sur la santé ? Le nombre de malades du diabète, de l'hypertension, de l'obésité, du cancer ou de la dépression pourrait être revu à la baisse si les Français de tous âges intégraient dans leur mode de vie la pratique régulière d'une activité physique.

Cette suggestion ne repose pas sur un dogme hygiéniste ou paramilitaire. Mais sur une somme de travaux scientifiques réunis dans un document de plus de 800 pages, Activité physique, contexte et effet sur la santé, réalisé et présenté hier par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Une conclusion générale s'impose : les maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires…) qui explosent et frappent l'homme moderne sont aussi une conséquence de sa sédentarité, jamais égalée depuis la nuit des temps.

De manière globale, une vaste enquête américaine publiée fin 2007 et portant sur 250 000 personnes montre qu'une pratique physique d'intensité régulière (au moins 20 minutes trois fois par semaine) entraîne une réduction du risque de mortalité, de l'ordre de 30 %. Les effets de l'activité agissent sur plusieurs sphères de l'organisme, mais préviennent tout particulièrement ces affections liées aux excès.

Se passer de traitement

L'effet positif de l'exercice le mieux documenté porte sur le risque cardiaque. Il agirait entre autres en améliorant le taux de cholestérol, la tension artérielle et la plasticité artérielle. "Un programme structuré d'activité physique réduit la pression artérielle chez les personnes hypertendues, écrivent les auteurs. Il permet de différer, voire de rendre inutile le traitement médicamenteux d'une hypertension de diagnostic récent. Un tel programme concourt aussi à l'amélioration du profil lipidique avec une diminution de 3,7 % du taux des triglycérides et de 5 % du taux de LDL cholestérol (le mauvais cholestérol, NDLR)."

L'activité physique a également un rôle déterminant dans la prévention du diabète de type 2 : elle réduit de près de 60 % le risque de diabète chez des personnes ayant une prédisposition. "L'activité physique est, pour cette raison, actuellement considérée comme un objectif prioritaire dans la lutte contre la pandémie de diabète de type 2", affirme ce document. De surcroît, l'exercice permet de contrôler le poids et de lutter contre l'obésité, en augmentant la masse musculaire et en réduisant la masse grasse.

Il joue un rôle majeur également dans le renforcement musculaire et osseux, impliqué dans la prévention des chutes des personnes âgées. "Il est aujourd'hui largement démontré que la force musculaire peut être augmentée par le biais de programmes d'entraînement même à un âge très avancé", soutiennent les chercheurs. Par ailleurs, l'activité physique, par les contraintes mécaniques exercées sur le squelette, induit la formation de tissu osseux et lutte donc contre le risque d'ostéoporose. Les femmes de plus de 70 ans qui marchent au moins 4 heures par semaine ont un risque de fracture du col du fémur diminué de 40 % par rapport à celles qui marchent moins d'une heure par semaine.

Il faut souligner enfin les effets sur la sphère mentale : de nombreux travaux assurent que la pratique régulière d'une activité physique augmente le niveau d'estime de soi. "Elle réduit l'anxiété de la population générale adulte, peut-on lire dans ce document. Elle diminue le niveau de dépression de populations très diverses et devrait être proposée dans toute prise en charge de la dépression."

Si on ne peut être exhaustif, citons néanmoins les effets bénéfiques de l'exercice considéré comme un adjuvant du traitement dans des affections aussi différentes que la broncho-pneumopathie chronique obstructive, les rhumatismes inflammatoires ou non, la sclérose en plaques…

Quel type d'activité faut-il pratiquer ? Les recommandations du Collège américain de médecine du sport et des cardiologues américains préconisent pour les plus de 50 ans souffrant de maladies chroniques, le même rythme que pour les plus jeunes : soit 30 minutes d'activité modérée (marche rapide, gymnastique) cinq jours par semaine, soit 20 minutes d'exercice de forte intensité (course, natation…), trois fois par semaine.

Pourquoi, avec de telles références, la promotion de l'exercice physique auprès des médecins n'est-elle pas aussi puissante que celle qui est faite aux médicaments ? Simplement parce que les moyens financiers pour le marketing ne sont pas les mêmes. À l'issue de leur rapport, les experts de l'Inserm recommandent d'informer la population et les médecins des bienfaits du sport.

 

Martine PEREZ

in LE FIGARO du 02.04.2008



08/04/2008
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