BIPOLAIRES 64/40

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Dépression majeure ou TBP : diagnostic IRM

Les troubles de l'humeur comme la dépression majeure et le trouble bipolaire sont souvent difficiles à diagnostiquer. Ce qui rend les décisions concernant les médicaments difficiles à prendre.

Des chercheurs ont mis au point un algorithme d'intelligence artificielle (IA) qui analyse des images cérébrales par résonance magnétique pour mieux diagnostiquer les troubles de l'humeur complexe et aider à prédire la réaction aux médicaments.

 

Elizabeth Osuch du Lawson Health Research Institute et ses collègues ont mené la première partie de cette étude avec 66 patients qui avaient déjà terminé un traitement pour un diagnostic clair de dépression majeure ou de trouble bipolaire de type I, une forme de trouble bipolaire comportant des épisodes de manie, ainsi que 33 autres participants n'ayant aucun antécédent de maladie mentale.

 

Les trois groupes présentaient des différences dans des réseaux cérébraux particuliers : le réseau du mode par défaut qui est un ensemble de régions considérées importantes pour la réflexion sur soi et le thalamus qui est une « passerelle » reliant plusieurs régions corticales et aidant à contrôler les niveaux d'activation et de vigilance.

 

Des chercheurs du Mind Research Network ont développé un algorithme d'intelligence artificielle utilisant l'apprentissage machine pour analyser les scanners IRM afin de déterminer si un patient est atteint d'une dépression majeure ou d'un trouble bipolaire de type I. L'algorithme classait correctement, avec une précision de 92,4 %, les participants ayant un diagnostic connu.

 

L'équipe de recherche a ensuite utilisé l'algorithme avec 12 participants dont le diagnostic n'était pas clair afin de déterminer à quels médicaments ils pourraient le mieux répondre.

« Les antidépresseurs sont le traitement pharmaceutique de référence pour la dépression majeure tandis que les stabilisateurs de l'humeur sont le traitement de référence pour le trouble bipolaire de type I », explique Elizabeth Osuch. « Mais il est difficile de prédire quels médicaments seront efficaces chez les patients atteints de troubles de l'humeur complexes lorsqu'un diagnostic n'est pas clair. »

 

Onze participants sur 12 ont répondu au médicament prédit par l'algorithme.

« Ces résultats suggèrent que nous pourrions un jour disposer d'une mesure objective par imagerie cérébrale qui rendrait le diagnostic plus rapide, plus efficace et plus cohérent. »

 

Les psychiatres posent actuellement un diagnostic sur la base de l'histoire et du comportement d'un patient. Les décisions relatives aux médicaments sont fondées sur ce diagnostic. « Cela peut être difficile dans le cas de troubles de l'humeur complexes et au début d'une maladie, lorsque les symptômes peuvent être moins bien définis », souligne la chercheure.

 

« Les patients peuvent aussi avoir plus d'un diagnostic, comme la combinaison d'un trouble de l'humeur et d'un trouble de toxicomanie, ce qui complique encore davantage le diagnostic. Avoir un test biologique ou une procédure pour identifier la classe de médicaments à laquelle un patient répondra ferait progresser considérablement le domaine de la psychiatrie. »

 

 Acta Psychiatria Scandinavica



14/08/2018
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