Anxiété ou simple inquiétude ?

ANXIETE OU SIMPLE INQUIETUDE ?

 

S'inquiéter pour ses enfants partis en colonie de vacances ou être exaspéré parce que le propriétaire ne rappelle pas pour s'occuper des problèmes de plomberie sont des comportements bien naturels et personne ne pourrait en blâmer qui que ce soit, bien au contraire. Par contre, se faire du mouron parce que le petit dernier est à la piscine et que l'on pense très sérieusement qu'il va se noyer et que personne ne va le remarquer ou alors qu'il va courir sur le bord du bassin et tomber la tête la première sur le carrelage glissant, ça, c'est beaucoup plus excessif.
Loin d'être floue, la frontière entre inquiétude et anxiété est bien délimitée : l'anxiété devient pathologique lorsqu'elle persiste malgré la disparition de la situation qui l'a créée ou lorsque le système d'alerte se met en route alors qu'aucun événement ne le justifie réellement.
Lorsqu'ils s'immiscent dans la vie courante, les troubles anxieux peuvent fortement perturber le quotidien jusqu'à en devenir vraiment handicapants.

Moi, anxieux ?

Les personnes souffrant de troubles anxieux adoptent des raisonnements torturés et tortueux qui les amènent à penser que tout va ou va aller de travers. En France, l'anxiété généralisée touche entre 3% et 5% de la population. Les femmes sont deux fois plus nombreuses à en souffrir que les hommes, surtout après 40 ans où le ratio atteint une femme anxieuse pour 10… Peur de mourir, de tomber malade, de ne pas réussir, crainte d'un attentat ou d'une catastrophe : l'anxieux est un éternel inquiet.

Voici quelques exemples de raisonnements d'anxieux :
" Penser que c'est toujours sur vous que ça tombe.
" Tendance à vouloir trop contrôler, à ne pas laisser de place à l'imprévu.
" Tirer des conclusions sans preuve.
" Se centrer sur un détail et en oublier le contexte général.
" Généraliser à partir d'un événement.
" Exagérer les conséquences d'un fait.
" Faire des associations erronées entre les choses.

Pour savoir si votre anxiété est normale ou non, posez-vous ces trois questions :
" Suis-je anxieux pour des choses sans importance ou même sans raison ?
" Est-ce que mon anxiété me gêne dans la vie de tous les jours ?
" Est-ce que je peux contrôler mon anxiété et m'en détacher quand je le veux ?
Si la réponse est oui aux deux premières questions et non à la dernière, vous avez un niveau d'anxiété plus élevé que la normale, ce qui n'implique pas nécessairement que vous soyez malade. Seulement, vous êtes d'un naturel très anxieux.

 

L’ANXIETE A-T-ELLE DES CONSEQUENCES SUR LA SANTE ?

 

Handicapante dans la vie courante, notamment dans les relations sociales, affectives et professionnelles, l'anxiété implique également des conséquences sur la santé.
Car une inquiétude exagérée et une tendance à ressasser les scénarii possibles pour une situation donnée ne sont pas les seules manifestations de l'anxiété.
Des symptômes physiques accompagnent en effet cet état d'esprit pathologique :

" Difficulté à s'endormir.
" Douleurs musculaires.
" Palpitations.
" Tremblements.
" Mains moites, sueurs, frissons, vertige…
" Maux de tête ou de ventre.
" Diarrhée ou constipation.
" Impression d'étouffer.
" Nœud à la gorge ou à l'estomac.
" Envie constante d'uriner.

"Généralement, c'est l'expression de ces symptômes physiques qui pousse le patient à consulter. Il pense, et c'est tout naturel, être atteint d'une maladie organique. Après auscultation et examens par le médecin généraliste, celui-ci peut aboutir au diagnostic de l'anxiété", précise le Dr Servant, psychiatre et responsable de l'unité Stress et anxiété au CHU de Lille.

La dépression, complication majeure de l'anxiété

Contrairement à d'autres troubles d'ordre psychologique, l'anxiété n'évolue pas, ou peu, par cycle. Lorsque l'on souffre d'anxiété généralisée, on est en permanence dans un état de tension qui peut durer de quelques semaines à des années. D'où la nécessité d'une prise en charge adaptée car même si l'anxiété n'est ni invalidante, ni handicapante à proprement parler, elle n'en reste pas moins un frein à la qualité de vie.
De plus, "la dépression est l'une des évolutions possibles des personnes souffrant d'anxiété généralisée, note le Dr Servant. Par ailleurs, l'état d'anxiété est un facteur précipitant et/ou aggravant d'autres problèmes de santé. C'est aussi pour cela qu'il est nécessaire de diagnostiquer pour mieux traiter en amont et éviter les complications associées."

Lorsque l'on est angoissé, anxieux, la respiration tend à s'accélérer, le cœur s'emballe lui aussi. Des études ont d'ailleurs montré que la fréquence respiratoire devient plus élevée et plus ample à mesure que le niveau d'anxiété s'élève. Cela s'appelle une polypnée.
Prendre son pouls ou se fixer sur cette respiration inhabituelle a pour effet majeur d'aggraver les symptômes en favorisant l'augmentation du rythme cardiaque, les sueurs froides, les frissons, la sensation de vertige, etc.

Pour éviter l'escalade des symptômes, il faut se concentrer sur sa respiration, la dominer, l'apaiser, l'apprivoiser pour enfin se contrôler.

Petit exercice pour contrôler sa respiration
L'objectif est de pouvoir respirer non plus avec le thorax mais avec le ventre, c'est ce que l'on appelle la respiration abdominale.
Asseyez-vous tranquillement, bien installé et au calme. Posez une de vos mains sur le ventre et l'autre sur la poitrine. Respirez profondément en gonflant au maximum le ventre tout en veillant à ce que l'autre main, celle sur la poitrine, ne bouge pas. Respirez par la bouche en pinçant légèrement les lèvres et en veillant à respirer le plus naturellement possible. Trois à dix minutes par jour, tous les jours, suffisent pour parvenir à contrôler sa respiration. Ainsi, dans des situations d'anxiété ou stressantes, posez-vous au calme, faites cet exercice et vous en ressortirez plus détendu que jamais. Même chose si votre tendance anxieuse vous empêche de tomber dans les bras de Morphée, n'hésitez pas à respirer par le ventre. Vous verrez, il n'y a pas d'astuce, c'est tout simplement magique !

 

Sport et hygiène de vie contre l'anxiété

 

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en s'appuyant sur une récente étude sur les effets sur la santé de l'activité physique(1), note que "l'amélioration de l'oxygénation du cerveau par une pratique régulière a un effet probant chez les personnes âgées au niveau de la capacité de réaction, de la mémoire et du raisonnement. L'activité physique réduit l'anxiété de la population générale adulte."
Ainsi, pour diminuer les niveaux d'anxiété, l'Inserm recommande des sports faisant travailler la respiration (marche, course, vélo, etc.) et sollicitant les muscles. L'idéal serait de pratiquer 30 minutes, entre 3 et 5 fois par semaine, sans trop forcer mais en y allant quand même un minimum.
Pour que les effets soient notables, il faut veiller à tenir le rythme pendant au moins 12 semaines consécutives. Cependant, les améliorations au niveau du bien-être et de la qualité de vie se font généralement sentir dès 8 semaines.

D'autre part, une bonne hygiène de vie, c'est-à-dire une alimentation saine, des cyles de sommeil réguliers et une consommation raisonnable de psychostimulants (alcool, tabac, café, etc.) contribue également à diminuer les niveaux d'anxiété.

(1) Activité physique, contextes et effets sur la santé, experstise collective de l'Inserm, avril 2008

in l’internaute santé avril 2008

http://www.linternaute.com/sante/dependance-psychologie/conseils/anxiete/4.shtml



Article ajouté le 2008-04-26 , consulté 75 fois

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